Comment les banques contournent la loi Lagarde
Avec l’entrée en vigueur de la loi Lagarde le 1° septembre 2010, avec ses références à l’assurance de prêt, les futurs emprunteurs imaginaient déjà pouvoir enfin se tourner librement vers l’assureur de leur choix afin de protéger leur emprunt. Malheureusement, 8 mois après le constat est plus sombre, puisqu’ils se retrouvent toujours confrontés aux réticences des établissements de prêts dès qu’ils évoquent la possibilité de faire de la délégation d’assurance !
En effet, avec la loi Lagarde, l’emprunteur est libre de pouvoir souscrire une assurance auprès de l’établissement de son choix, à la condition que les garanties de cette assurance soit au moins identiques à celles demandées par la banque lors de la définition des garanties requises. Les courtiers spécialistes de l’assurance de prêt ont alors vu l’opportunité d’enfin débloquer un marché de niche encore trop fermé, par le bon vouloir des banques, avec pour argument de pouvoir proposer des assurances jusqu’ à 50% moins chères que celles traditionnellement proposées !
Dans les faits, les emprunteurs n’ont pas encore franchi le pas. Méfiance envers Internet en ce qui concerne les services financiers, envie de se tranquilliser en ayant le prêt et l’assurance pour ce dernier chez le même établissement, ont été renforcés par l’imagination des banquiers qui tentent de dissuader leur client d’aller souscrire chez un assureur indépendant. Elles s’affranchissent même des règles à en croire le nombre croissant de plaintes de la part des consommateurs auprès de l’AFUB notamment. Outre ce dépassement des lois, on peut citer quelques méthodes comme :
- rajouter des garanties annexes presque farfelues comme l’assurance décès en cas de conduite en état d’ivresse
- Réduction des délais de carences
- Rajout de frais de dossier pour la délégation d’assurance (liberté payante en sorte…)
- …
Globalement, la technique est de rajouter des petits points aux contrats afin de faire pencher la balance en leur faveur. La complexité des offres n’aidant pas à leur compréhension, il est donc normal que les emprunteurs choisissent au plus sécurisant pour eux !







